Imprimer Envoyer

Le goût de vivre : et cent autres propos / André Comte-Sponville. - Albin Michel, 2010

Voici regroupés quelques 101 propos, écrits par l’auteur sur demande à des revues (l’Express, Psychologies magazine, Le monde des religions et d’autres) depuis 1988.
Dans son avant-propos, André Comte-Sponville explique sa fascination pour les propos de  Alain et  de son désir comme lui, ainsi de  s’adresser à tous.

Sur des thèmes variés, de l’actualité (civilisations, conflits, politiquement incorrect, sécurité…) en passant par des sujets plus larges (comme l'amour, les  saisons, la  mode, les vacances…) ou des notions plus philosophiques et existentielles  comme la question de l’être, l’esprit de laïcité, l’euthanasie, la vérité… ces propos brefs sur 2-3 pages permettront au lecteur d’en saisir l’enjeu aujourd’hui, de revenir sur l’histoire du sujet, et au final de reconsidérer sa propre opinion peut-être…
Cette lecture aisée que l’on grappille au fil des envies trouvera son intérêt dans les moments de détente, où l'on peut s’ouvrir « sans préparation » à la philosophie.
Béatrice


Land art avec les enfants / Andreas Guthler, Kathrin Lacher. - la Plage, 2009

Voici un livre à regarder avec ses enfants pour ses photos et pour y puiser des idées.
Pour celles et ceux qui ont l’habitude d’être dans la nature, ce livre permettra de débuter des ateliers avec ses propres enfants ou en groupes ; de multiples conseils sont présentés clairement et les œuvres d’art reproduites incitent à pratiquer.
Il est possible de créer des œuvres dans la nature à tous les âges.
Cet ouvrage intéressera également les enseignants et les animateurs de centre de loisirs par ses multiples exercices précis sur le terrain.
Alors n’attendez plus,  faites des rencontres artistiques avec la nature sans outils ni capacités extraordinaires.
Béatrice

 

Le goût du chlore / Bastien Vivès – KSTR, 2008

Une bande dessinée au dessin, aux couleurs et au scénario particuliers. Sur un fond vert d’eau, (et non « bleu piscine »), deux personnages en maillot de bain sport, bonnets et lunettes noirs, se rencontrent dans le bassin d’une piscine municipale. Lui, un peu gauche, vient faire de l’exercice sur les conseils de son kiné ; Elle, bonne nageuse, va lui donner peu à peu confiance. Que deviendra cette relation en dehors de l’eau ?
Peu de paroles pour cette BD où la gestuelle des personnages et les angles de vues sont particulièrement évocateurs des tics et regards typiquement observés dans ce lieu qu’est la piscine. Une BD originale et un auteur à suivre (avec Elle(s) et Dans mes yeux notamment)
Sophie

Le reste est silence / Carla Guelfenbein ; trad. Claude Bleton. – Actes Sud, 2010

Tommy a douze ans, il est atteint d’une maladie cardiaque grave. Sa principale occupation consiste à enregistrer les conversations d’adultes à leur insu avec son MP3. C’est ainsi que le jour d’un mariage, il apprend qu’on lui a menti sur la mort de sa mère, Soledad, qui s’est en fait suicidée.
Autour de lui gravite sa famille : son père Juan, médecin et chirurgien cardiaque, sa belle-mère, Alma, une très belle femme. Une belle image de la famille recomposée qui éclate…
Les voix de ces personnages composent le roman. Tour à tour, on se retrouve dans la tête de Tommy, de Juan et d’Alma. On vit donc les mêmes situations à travers trois points de vue, trois ressentis…
Dans ce livre bouleversant, où justement le silence est pesant, les êtres ne parviennent plus à communiquer. Chacun se renferme avec ses peurs secrètes. Dans un langage poétique, l’auteur exprime la faiblesse et la fragilité des êtres.
Quand on referme ce livre, seul le silence est possible.
Alexia

L'affaire de l'esclave Furcy : récit / Mohammed Aïssaoui. - Gallimard, 2010

« L’histoire de l’esclave Furcy qui, à trente et un ans, un jour d’octobre 1817, dans l’île de la Réunion que l’on appelle alors île Bourbon, décide de se rendre au tribunal d’instance de Saint-Denis pour exiger sa liberté.
Au nom de la justice. Il tient, serrée dans sa main, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
Ce procès durera vingt-sept ans. Après de multiples rebondissements, il trouvera son dénouement le samedi 23 décembre 1843 à Paris ».

Mohammed Aïssaoui pensait que tout le monde s’intéresserait à ces archives lorsqu’elles furent mises en vente à l’hôtel Drouot en 2005. Six mois après, ces textes dormaient dans un bureau parisien.
Il décida de s’y  intéresser pour rendre justice à Furcy et nous livre le récit de cet homme.
La mère de Furcy (Madeleine) est une hindoue libre arrachée à sa famille par une française.
Amenée en France en 1771, où elle avait touché le sol français, elle était donc libre. Mais elle fût donnée  à des colons avec la promesse d’un affranchissement.
Bien des années plus tard Constance (sœur de Furcy qui bénéficie de la liberté car elle a épousé un blanc) retrouve dans les malles de sa mère un document « l’acte d’affranchissement de sa mère ». Et c’est pourquoi Furcy demande à son maître (Joseph Lory) de l’affranchir à son tour. Devant son refus Furcy et Constance vont au tribunal pour réclamer sa liberté avec les papiers.

Avec ce récit le lecteur redécouvre les luttes de pouvoir dans l’histoire coloniale, ici sur l’île Bourbon, la crainte des colons de perdre de l’argent et la peur que se propage l’idée de l’abolition chez les centaines d’esclaves.
Où l’on se rend compte que la justice est au service des plus forts, mais que des personnes  résistent toujours pour la dignité et la reconnaissance de leur exigence : être reconnu libre.
Béatrice

Quand le requin dort / Milena Agus ; trad. Françoise Brun. – Liana Levi, 2010

Traduit aujourd’hui, ce roman est en réalité le premier de Milena Agus, dans la lignée des autres et de Mal de pierres.
La narratrice vit au milieu d’une famille plutôt bizarre, ils sont tous « à côté de la plaque ». Le père fait des voyages lointains, la mère est complètement perdue, la tante est incapable de garder un homme, le frère passe son temps enfermé à jouer du piano et la narratrice vit une relation sado maso avec un homme marié…
De ces personnages étranges vivant autrement, de ce langage cru et poétique, de ces situations violentes naît toute la beauté de ce livre…
Comment vivre dans une réalité difficile ? Quelle est la norme ? Pourquoi ce serait eux les anormaux ? Et nous, lecteurs, les normaux ? Tout est renversé dans ce roman… Tout y est déconcertant, dérangeant. Un vrai petit bijou !
Alexia

Poète et paysan / Jean-Louis Fournier. - Stock, 2010.

Jean-Louis Fournier, l’auteur de « Où on va papa ? » et de bien d’autres ouvrages, revient à travers ce récit, parler de ses années lorsqu’il était  étudiant, et qu’il a quitté ses études à l’IDHEC.
Amoureux d’une fille de fermier dont le père travaille les terres dans le nord Pas de Calais, un peu fou et naïf, il décide de vivre à la ferme pour un jour reprendre la succession que personne parmi les enfants ne veut.

C’est ainsi que ce jeune homme, tout au long du récit, nous conte sa nouvelle vie au milieu des vaches, du fumier, et des tracteurs en se demandant  « Mais qu’est-ce que je fais là ? ».
Avec ce livre, Jean-louis Fournier nous livre un document  d’ethnologie sur les paysans dans ces années 60. Avec son  regard ironique, une  écriture vive et descriptive par petites touches, il parvient à nous faire toucher la dure réalité de cette vie rurale.

Tout lecteur devrait y trouver un grand plaisir de lecture, que l’on soit proche ou pas de ce monde fermier, car l’auteur, dans toutes les situations, pose un regard très amusé sur sa  nouvelle vie.
Béatrice