Son histoire avec la médiathèque PDF Imprimer Envoyer

 

Le 7 avril 2007, ASSIA DJEBAR A OFFERT SON NOM A LA MEDIATHEQUE MUNICIPALE DE BLANQUEFORT

Assia Djebar, véritable trait d’union entre deux cultures, emblématique membre de l’Académie française, dont le travail d’écriture pour la défense de la condition féminine en terre d’Islam est exemplaire, donne son nom à la médiathèque municipale.

Plus qu’un symbole, ce baptême célèbre la parité (et la volonté de donner des noms de femmes aux bâtiments publics), les liens d’amitié qui unissent Blanquefort à Timimoun (Algérie) et rend hommage au souvenir d’Annie Aubert, ancienne directrice de la médiathèque, grande dévoreuse de cette oeuvre magistrale.

Les romans d’Assia Djebar  ont été récompensés par de nombreux prix : Prix Liberatur de Francfort, Prix Marguerite Yourcenar (Boston), Prix international Pablo Néruda (Italie).
(Extrait Communiqué de presse  le 30 mars 2007 )

 

"Quand j’écris, j’écris toujours comme si j’allais mourir demain".

Assia Djebar

 



ASSIA DJEBAR : PREMIERE FEMME MAGHREBINE "IMMORTELLE"

Née le 30 juin 1936 à Cherchell (Algérie), Assia Djebar de son vrai nom Fatma Zohra Imalhayène est une écrivaine algérienne d’origine berbère d’expression française. C’est la première personnalité maghrébine à se frayer une place parmi les “immortels”. Assia Djebar, auteure certes mais aussi cinéaste et porte-voix de l’émancipation de la femme en Algérie, a été élue à la prestigieuse Académie française, le 16 juin 2005, où elle occupe désormais le fauteuil du constitutionnaliste Georges Vedel, mort en 2002. Cette consécration n’est pas due au hasard.

 

A l’âge de 22 ans, elle publie en 1957, chez René Julliard son premier roman, La soif.. Suivront Les impatients en 1958, Les enfants du nouveau monde en 1962, Les alouettes naïves en 1967, Femmes d’Alger dans leur appartement en 1980. Romans, essais, théâtre, travail critique donc, mais aussi long métrage avec « La Nouba des femmes du Mont Chenoua ». Elle reçut d’ailleurs pour celui-ci le prix de la critique internationale à la Biennale de Venise en 1979. Les prix, elle les collectionne aussi en littérature : Prix Liberatur de Francfort, Prix Marguerite Yourcenar (Boston), Prix international Pablo Néruda (Italie).

 

Dans les années 1980, elle décide de vivre dans la région parisienne même si son oeuvre est dominée par la conscience d’être entre-deux, entre l’Algérie et la France, entre le berbère et le français. « Apprendre la langue de l’autre pour mieux en connaître la culture certes mais d’abord pour en approfondir la pensée ». Cette devise pourrait être sienne, sa plume n’a pas de frontière.

Ses romans sont traduits en vingt trois langues. Une vingtaine d’ouvrages étudie son oeuvre. Un colloque international lui a été consacré en 2003 à Paris. Pas de frontières ni pour ses écrits ni pour elle puisqu’elle enseigne aux Etats-Unis et donne souvent des conférences aux quatre coins du monde.

 

Lire un roman d’Assia Djebar est une invitation permanente au voyage mais aussi à l’émerveillement (la connaissance de l’Islam, l’effacement des femmes dans une société misogyne), à la compréhension de l’Histoire (avec par exemple l’héroïne Zoulikha dans l’un de ses derniers ouvrages La femme sans sépulture).

"Car mon français, doublé par le velours, mais aussi les épines des langues autrefois occultées, cicatrisera peut-être mes blessures mémorielles"*.

* tiré de son discours à l’Académie française le 22 juin 2006



LA PARITE ET L’EGALITE DES SEXES A BLANQUEFORT

Depuis 2001, la ville de Blanquefort a voulu afficher sa volonté politique d’inscrire l’égalité des sexes au coeur de la vie locale et de ses composantes. Ainsi, le principe de parité est appliqué au sein de l’équipe municipale qui se caractérise par un nombre égal d’adjointes et d’adjoints. Une conseillère municipale déléguée à la parité a également été nommée.

Ce souci de parité s’applique aussi aux conseils de quartier et au Contrat Educatif Local. La mission principale de cette délégation est de sensibiliser la société civile et le monde politique sur l’intérêt à promouvoir la place des femmes. Consciente de la difficulté de la démarche, cette délégation entend avant tout infléchir certaines tendances afin de réduire le déséquilibre hommes/femmes sur la commune. Cette volonté rentre dans le cadre de la démocratie locale et du souci d’offrir un meilleur service à la population.

Ainsi, s’il n’est pas possible de remédier d’un coup au déséquilibre, une action transversale est cependant engagée par la ville et consiste notamment à agir sur les petites décisions pouvant réduire les écarts entre les sexes. L’idée étant de mettre en place une boîte à outil pour que les représentations changent. Si la politique sociale participe largement à la mise en oeuvre de la réflexion sur la parité, celle-ci peut également se réaliser dans d’autres domaines : le secteur scolaire, culturel.. La dénomination d’espaces publics avec des noms de femmes est l’une de ces actions.



LA COOPERATION AVEC L’ALGERIE

Depuis l'année 2002, la ville de Blanquefort a exprimé le souhait d'établir un rapprochement culturel avec l'Algérie.

Un travail de mémoire sur le thème "Paroles d'Algériens et de Français d'Algérie" a été engagé et a permis de rassembler un ensemble de témoignages sous forme de livre, intitulé "Algérie-Blanquefort : une histoire de mémoire", publié en novembre 2004 aux éditions Castor Astral.

Le rapprochement avec le Conseil Général de la Gironde et les villes de Lormont et Gironde sur Dropt a permis d’engager une coopération décentralisée avec la wilaya d'Adrar.

Ainsi, une association d’échanges entre Blanquefort et Timimoun, "Tabadoul-Blanquefort-Timimoun" a été créée. Au programme : des échanges, des voyages qui permettent de renforcer progressivement les liens avec Timimoun.

 



BIBLIOGRAPHIE D’ASSIA DJEBAR



- La Soif (Julliard), 1957
- Les Impatients (Julliard), 1958
- Les Enfants du Nouveau monde (Julliard), 1962
- Les Alouettes naïves (Julliard), 1967
- Femmes d'Alger dans leur appartement (Éditions des femmes),1980
- L'Amour, la Fantasia (Jean-Claude Lattès), 1985
- Ombre sultane (Jean-Claude Lattès), 1987
- Loin de Médine (Albin Michel),1991
- Vaste est la prison (Albin Michel), 1995
- Le Blanc de l'Algérie (Albin Michel), 1996
- Les Nuits de Strasbourg (Actes Sud), 1997
- Oran, langue morte (Actes Sud), 1997
- Ces voix qui m'assiègent (Albin Michel), 1999
- La Femme sans sépulture (Albin Michel), 2002
- La Disparition de la langue française (Albin Michel), 2003
- Ombre sultane (Albin Michel), 2006
- Nulle part dans la maison de mon père (Fayard), 2007


SITOGRAPHIE

http://www.assiadjebar.net

http://www.academie-francaise.fr/Immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=709

http://assiadjebarclubdelecture.blogspot.com/